Déductibilité des intérêts d’emprunt

Peut-on ou ne peut-on pas déduire de ses impôts sur le revenu une partie d’intérêts d’un crédit ?
La réponse est oui ou non selon le type de crédit, le type de bien financé par le crédit et/ou selon la date de souscription du crédit. Voilà qui peut sembler compliqué, quelques éclaircissements s’imposent donc.

Tout d’abord, les intérêts d’emprunt versés pour le remboursement des prêts souscrits pour l’achat ou la construction d’une résidence principale peuvent ouvrir droit à crédit d’impôt si l’acte authentique ou la déclaration d’ouverture de chantier a été signé entre le 6 mai 2007 et le 31 décembre 2010. Le crédit d’impôt s’applique alors aux intérêts versés à hauteur de 40% la première année puis de 20% les 4 années suivantes (des variantes existent à compter de 2009 selon si le logement est neuf BBC ou neuf non BBC). Pour les concernés, vous pouvez avoir tous les détails sur le site impots.gouv.fr.

Dans le cas de la résidence principale, on voit donc, qu’en dehors d’un achat ou d’une construction fait entre le 6 mai 2007 et le 31 décembre 2010, il n’y a point de déductibilité possible.

Par contre, dans le cas d’un achat immobilier, que ce soit dans le neuf ou dans l’ancien, à vocation locative la donne change. En effet, pour un investissement locatif, 100% des intérêts d’emprunt versés sont déductibles des loyers fonciers perçus (et uniquement des revenus fonciers, on ne peut pas déduire ces intérêts de revenus d’activité professionnelle) et ce sans limite de temps.
De même, dans le cas d’achats de parts de SCPI à crédit on peut déduire 100% des intérêts d’emprunt de ses revenus fonciers, sans limitation de montant et de durée. Pour les avantages procurés par l’achat à crédit de parts de SCPI nous vous renvoyons sur cet excellent article du quotidien Les Echos.

Petite précision cependant, seuls les intérêts d’un crédit immobilier sont déductibles. Ainsi, si vous optez pour un prêt personnel ou avez recours à un crédit renouvelable pour financer par exemple l’aménagement intérieur du locatif tel que la décoration ou du mobilier vous ne pourrez pas déduire les intérêts de ces prêts de vos revenus fonciers. Il est donc conseillé d’estimer au mieux le montant de son investissement afin que le crédit pour le financement de l’ensemble du projet de locatif couvre un maximum des frais afin d’avoir un maximum d’intérêts déductibles des revenus fonciers.
Mais il est vrai que pour obtenir un crédit on a parfois besoin de le limiter à l’achat du bien, aussi les achats pour l’aménagement se font alors par un paiement comptant ou à crédit auprès des vendeurs (à noter que pour tout achat à crédit de plus de 1.000 € le vendeur est tenu de proposer le choix entre un crédit renouvelable et un crédit amortissable, ce qui n’est pas toujours le cas).

2 commentaires sur “Déductibilité des intérêts d’emprunt

  1. VOISINE Répondre

    Bonjour,

    J’ai lu à d’autres sources que la nature du prêt, immobilier ou personnel n’avait pas d’importance, d’autant que les prêts immobiliers doivent être d’un montant minimum (loi Lagarde) L’essentiel étant que l’on fasse le lien entre le prêt et la nature des travaux réalisés. Une personne presente d’ailleurs un rescrit très précis de l’administration fiscale sur ce sujet. Qu’en est-il donc ?

  2. La Fiscalité Auteur d'articleRépondre

    Pour être précis, l’administration fiscale stipule que ne peuvent être déduits que les intérêts se rapportant à un « emprunt contracté pour la conservation, l’acquisition, la construction, la réparation ou l’amélioration des immeubles donnés en location ».
    Donc effectivement ce peut être un crédit autre qu’immobilier si on démontre que sa finalité est bien lié à un bien immobilier. A noter que dans le cas de prêt de substitution, les intérêts du nouveau prêt ne seront pas admis au delà de ceux figurant sur l’échéancier initial.
    De plus, dans le cas d’intérêts très élevés (bien au dela de ceux d’un crédit immobilier classique) minimisant fortement les revenus imposables il se peut que l’administration fiscale s’interroge sur le bien fondé d’un recours à un crédit non immobilier avec taux d’emprunt important en lieu et place d’un crédit immobilier avec taux d’emprunt faible.

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